Dans la mesure où le médecin a connaissance de la maladie, le diagnostic d’ichtyose peut être posé sans examen particulier car l’aspect de la peau est spécifique.
Par contre, si vous souhaitez connaître la forme d’ichtyose dont vous êtes atteint, il est nécessaire de réaliser des examens génétiques. Ceci est important pour votre prise en charge  (dépister des anomalies associées, mieux envisager le pronostic) et pour faire avancer la recherche. Ceci est indispensable également à la réalisation éventuelle pendant une future grossesse d’un diagnostic prénatal.
Ces examens sont réalisés dans des centres spécialisés comme les centres de Référence ou les laboratoires de recherche.  Il peut s’agir de prélèvements de cheveux, de sang ou de peau qui recherchent des signes particuliers de la forme d’ichtyose. Le prélèvement de sang permet d’analyser les chromosomes ou l’ADN d’une personne afin d’y déceler des changements particuliers.
Les tests génétiques sont très spécifiques et permettent d’examiner un grand nombre de gènes à la fois.  Le séquençage haut débit est sans aucun doute la technologie ayant connue l’évolution la plus importante au cours des 20 dernières années.


Il existe plusieurs types d’ichtyose qui se transmettent de différentes manières : certains sont transmis par un seul parent, d’autres nécessitent que les deux parents portent le gène, et certaines formes apparaissent sans être héritées de la famille.

C’est le cas de figure le plus fréquent dans l’ichtyose. Le mot «autosomique» signifie que le gène en cause se trouve sur un des autosomes (paires de chromosomes 1 à 22).
Les maladies à transmission autosomique récessives se présentent lorsque les 2 copies d’un gène ont une mutation. Les parents d’une personne qui a une maladie à transmission autosomique récessive sont en général tous 2 porteurs et ont la mutation sur une seule copie du gène, mais ils n’ont pas la maladie ni le caractère.
La probabilité que 2 personnes d’un couple soient toutes 2 porteuses et aient un enfant ayant le caractère ou la maladie est de 1 sur 4 (soit 25 %). La probabilité qu’un de leurs enfants soit porteur est de 1 sur 2 (soit 50 %), tandis qu’un de leurs enfants a une chance sur quatre (25%) de ne pas hériter de mutation.

C’est le cas de l’ichtyose vulgaire et de l’ichtyose bulleuse.
Les maladies à transmission autosomique dominante se manifestent lorsqu’un gène d’une paire a la mutation. Un des parents de la personne ayant la maladie aura également la maladie (sauf dans les rares cas où une nouvelle mutation est survenue).
La probabilité qu’une personne ayant une maladie ou un caractère dominant transmette la même maladie ou le même caractère à son enfant est de 1 sur 2 (soit 50%). Il y a donc une chance sur 2 (50%) qu’elle ait un enfant qui n’ait pas la maladie.

C’est le cas de l’ichtyose liée à l’X.
Les femmes transmettent la maladie mais n’ont pas d’ichtyose, seuls les garçons sont atteints. En effet, la femme a un autre chromosome X qui peut encore faire le travail. Par contre, l’homme qui hérite d’une mutation récessive sur son chromosome X aura la maladie parce qu’il n’a pas d’autre copie de ce gène qui peut prendre la relève.

Le diagnostic prénatal est l’ensemble des techniques permettant d’identifier des anomalies graves pendant la grossesse.  Les maladies génétiques sont présentes dans l’ADN du fœtus. La molécule d’ADN, qui porte l’information génétique, est présente sous formes de chromosomes dans les cellules du fœtus.
On peut observer ces chromosomes grâce au caryotype. Pour cela on prélève des cellules présentes dans le liquide amniotique ou dans le placenta.
On pratique soit la technique de l’amniocentèse, qui consiste au prélèvement en petite quantité du liquide amniotique (liquide entourant le fœtus dans l’utérus) à l’aide d’une aiguille, soit à la biopsie du trophoblaste, c’est-à-dire un prélèvement d’un petit fragment du tissu qui se transformera en placenta à la fin du premier trimestre de grossesse.


Il doit être sollicité chaque fois qu’un risque de maladie ou de malformation est soupçonné par une éventuelle descendance. Il relève de la compétence de consultations spécialisées. Idéalement, le conseil génétique devrait avoir lieu avant toute conception. L’interrogatoire a sa place centrale dans le conseil génétique : il doit être extrêmement minutieux. Les techniques de biologie moléculaire pourront venir renforcer son importance et son intérêt.
Pour l’ichtyose les parents ayant un enfant sévèrement atteint et souhaitant un autre enfant peuvent demander le conseil génétique s’ils veulent apprécier le risque de récurrence lors d’une nouvelle grossesse.