Auteur/autrice : r9110

  • Les gens qui ont de l’ichtyose, une fois indépendant, n’ont besoin de rien, sauf de tolérance et d’écoute

    Inès, soeur de Meriem

     » Je suis née un an après ma soeur ainée. Elle est le premier humain avec lequel j’ai grandi et ma premiere amie. Je ne savais pas que les écailles sur sa peau étaient cense être une “anormalité”. Je ne comprenais pas d’ou sa souffrance psychologique venait au début, même si il était évident que parfois elle était inconfortable dans sa propre peau. Puis je suis à mon tour rentré à la maternelle, et là j’ai compris.

    Il a été dur de pouvoir s’expliquer la méchanceté des gens, quand la personne que vous aimez le plus au monde, et vous n’imaginerai pas autrement se fait insulter et regarder de façon étrange par certain adultes et beaucoup d’enfants depuis l’école maternelle. Prendre sa défense, pas juste parce que c’est votre (âme) soeur,où parce que l’ignorance des gens sur cette infection vous sensibilise, mais tout simplement parce-que ce que d’autres appellent “différent” vous forge, et parce qu’il faut vivre avec ses principes, et ne jamais accepter l’intolérance (paradoxalement). Il faut beaucoup d’humour pour protéger ceux qu’on aime, éviter de dire “oh c’est rien” quand ils ont été blessé par des commentaires afin de faire preuve d’écoute et d’attention.

    Le problème le plus recurrent est, et reste celui du regards des autres, psychologiquement. Elle n’a pas besoin “d’aide” particulière, quand vous êtes née avec une infection comme l’ichtyose, vous avez toujours fait avec. Porter son tube de crème dans son sac, s’informer sur ce qui ne convient pas a sa peau (oui les lotion avec alcool, ça peut brûler !) pour ne pas faire d’erreur, et prendre de l’eau avec soi quand on part pour une longue marche. Non vraiment, les gens qui ont de l’ichtyose, une fois indépendant, n’ont besoin de rien, sauf de tolérance et d’écoute. La question à laquelle je ne sais toujours pas répondre après 25 ans et celle de “savoir si elle est rouge”. Oui. Simple question, pour laquelle je sais rarement quoi répondre, pas par timidité ou peur de froisser (je suis assez directe comme personne). Simplement parce-que la plupart du temps, ce que madame dupont qualifierai de “rouge tomate” et ne manquera pas de faire remarquer à ma soeur en la vexant, je n’aurai pas remarqué. Comme le dis le proverbe, “les gout et les couleurs, ca ne se discute pas”, parce qu’on voit tous les chose différemment à travers nos filtres. Sa maladie de peau n’est pas elle, juste une enveloppe qui peut devenir une vraie souffrance si on ne prends pas soin de ce qui est à l’intérieur. « 

  • C’est à celles et ceux concernés par l’ichtyose qu’il appartient de faire bouger les choses

    Guillaume

     » Tout semblait plutôt mal engagé… Après avoir été considéré comme « vivant mais non viable » à la naissance; avoir fait s’inquiéter et culpabiliser mes parents; avoir eu ras le bol de devoir me soigner chaque jour; avoir eu l’angoisse de transmettre moi-même la maladie; avoir été tétanisé par le regard des autres en public et par les moqueries des enfants à l’école; avoir eu honte de montrer ma peau au soleil; m’être vécu comme « monstrueux » ; penser ne pouvoir jamais séduire ni être heureux; je veux pourtant à bientôt 30 ans dresser un bilan optimiste de mon parcours de vie avec l’ichtyose. Que de chemin parcouru entre celui que j’étais enfant puis adolescent, et l’adulte que je suis désormais.

    La rencontre avec d’autres personnes atteintes d’ichtyose est d’expérience un bon moyen d’accepter la maladie. Se décentrer, prendre conscience qu’on n’est pas le seul à vivre les mêmes galères, les partager, aide énormément à les relativiser et à les dépasser. Devenir acteur aussi; car c’est à celles et ceux concernés par l’ichtyose qu’il appartient de faire bouger les choses.

    On ne peut pas reprocher aux autres de ne pas connaitre l’ichtyose, vu sa rareté, et encore moins de mener le combat pour qu’elle soit reconnue, mieux prise en charge, et qu’elle fasse l’objet de recherches. Bien sur les contraintes de la maladie se rappellent à notre quotidien, mais pourrait- il en être autrement ? A la réflexion de savoir si je serais plus heureux de vivre sans l’ichtyose, je crois pouvoir répondre que non. Je suis né avec, elle fait partie de moi, et je suis fier qu’elle ait contribué à façonner ma personnalité et mon caractère.

    Ne pas nier la différence mais toujours être placé en situation de faire comme les autres dans la limite de ses possibilités. Cela demande souvent plus d’efforts pour parvenir au même résultat, lorsque ça gratte et que l’on a du mal à se concentrer pour étudier, que l’on est « rouge tomate » lorsqu’il fait chaud, mais chaque étape franchie dans la vie, chaque réussite, l’est d’autant plus qu’elle constitue aussi une victoire sur l’ichtyose; comme une façon de ne pas lui laisser prendre le dessus sur nos vies, et de se rappeler de toujours suivre l’injonction formée par sa dernière syllabe: « Ose »! « 

  • C’est dans le quotidien que s’expriment les difficultés

     » Quand j’ai appris la maladie génétique dont mon fils était atteint, il avait 9 mois : une ichtyose bulleuse. Mais ce n’est qu’à l’âge de 5 ans que j’ai eu connaissance de l’ANIPS , un peu par hasard. Enfin, possibilité était donnée à mon fils de vérifier par lui-même (lors de l’assemblée générale) qu’il n’était pas « seul au monde à avoir cette
    peau » comme il disait à l’époque. Lors de cette première assemblée générale, on a parlé dissolution de l’association…. et cela, ce n’était pas possible, venant enfin de rencontrer des personnes avec qui échanger. C’est ainsi que je me suis retrouvée membre du bureau.

    La richesse de cette association c’est :
    – pouvoir à la fois échanger et se ressourcer auprès d’autres personnes concernées par cette pathologie : porteuses de cette anomalie génétique (je préfère ne pas dire « malades » ) ou parent d’enfant atteint.
    – mais aussi pouvoir témoigner des épreuves ou d’expériences passées : la première rentrée à l’école, les vacances en colo, les cures. Oui, même avec une ichtyose on peut faire du sport, de la musique ou des arts plastiques et mener une scolarité strictement normale. Je pense que pour des parents venant de subir l’annonce du diagnostic, ce message est essentiel parallèlement aux informations qui leur sont délivrées par le monde médical. Car comme dans toute pathologie chronique, c’est dans le quotidien que s’expriment les difficultés : la lassitude de devoir chaque jour hydrater son corps, le regard des autres… apprendre à s’en protéger, transformer cette fragilité en force afin de faire de nos enfants des adultes bien dans leur peau.
    « 

    Sylvie, maman de Florian

  • Concours artistique Rare Skin Diseases Network – Fondation René Touraine/

    Concours artistique Rare Skin Diseases Network – Fondation René Touraine/

    🎨La Fondation René Touraine lance une nouvelle édition de son concours artistique dédié aux maladies rares de la peau, afin de donner la parole aux patients à travers l’art.

    🖌️ Thème 2026 : “Ma peau, mon histoire”

    Une invitation à raconter son vécu, ses émotions et son parcours à travers le dessin ou la peinture, quel que soit son niveau artistique.

    🌍 Depuis plus de 10 ans, ce concours contribue à sensibiliser le grand public au vécu des patients.

    👉 Cette édition participera également à la création d’un livre d’art réunissant les œuvres sélectionnées.

    📅 Dates du concours : du 2 février au 15 avril 2026

    👥 Concours international – ouvert à tous

    Patients, proches, professionnels ou simples curieux : nous avons tous une peau, chacun peut s’exprimer.

    👶🧒🧑 5 catégories d’âge :

    • 3–5 ans
    • 6–9 ans
    • 10–13 ans
    • 14–18 ans
    • Plus de 18 ans

    📩 Candidatures

    • Par e-mail : assistant@fondationrenetouraine.org (format JPEG recommandé)
    • Par courrier :

    Fondation René Touraine

    Hôpital Necker

    149 rue de Sèvres

    75015 Paris

    🔗 Plus d’informations : www.mapeauraconte.org

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